Image illustrating: Narta Lagoon (editorial)
Pasztilla aka Attila Terbócs / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0
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Des manifestants albanais contestent un projet de complexe touristique lié à Kushner

Des milliers d’Albanais ont manifesté à Tirana pour un douzième jour contre un projet de développement touristique de luxe lié à Jared Kushner et Ivanka Trump dans la zone de la lagune de Narta et de l’île de Sazan. Le gouvernement albanais affirme que le projet pourrait contribuer à faire du pays une destination touristique haut de gamme et l’a présenté comme faisant partie d’une dynamique plus large d’investissement. Des organisations environnementales affirment que des travaux préparatoires, des clôtures et des engins sont entrés dans un écosystème côtier protégé avant une évaluation formelle des incidences sur l’environnement, tandis que le Premier ministre Edi Rama a déclaré que la proposition restait en phase de planification. L’organe public albanais de lutte contre la corruption a ouvert une enquête liée au projet, sans en divulguer les détails. Pour les lecteurs de Belgium Pulse, l’enjeu central n’est pas le tourisme local mais la discipline de l’élargissement de l’UE : l’Albanie souhaite rejoindre l’UE, et Bruxelles devrait examiner si les pays candidats alignent les grands investissements politiques sur le droit environnemental et les normes de l’État de droit.

Belgium Impulse Editorial·12 June 2026·3 min read·9 sources
Key signal

Ce sujet compte pour les lecteurs belges qui suivent, depuis Bruxelles, l’élargissement de l’UE, le droit environnemental et la gouvernance des investissements publics. L’Albanie est un pays candidat à l’UE, de sorte que les différends concernant les zones protégées, l’évaluation des incidences sur l’environnement et l’application des règles anticorruption nourrissent la crédibilité du processus d’élargissement supervisé par les institutions de l’UE. Les électeurs, ONG, entreprises et responsables belges ont également intérêt à savoir si les futurs États membres entreront dans l’Union avec des garanties fonctionnelles pour les terres, les permis et la confiance publique, et pas seulement avec des projets d’investissement spectaculaires.

L’île de Sazan (une ancienne île militaire inhabitée au large de la côte adriatico-ionienne de l’Albanie) est l’un des sites proposés pour le complexe touristique. La lagune de Narta (une zone humide près de Vlora utilisée par les oiseaux migrateurs) et Zvërnec (un village côtier et une péninsule voisins) sont au cœur du litige foncier. Jared Kushner (investisseur américain et gendre de Donald Trump) et Ivanka Trump (fille de Donald Trump et ancienne conseillère à la Maison-Blanche) sont liés au projet. Edi Rama (Premier ministre socialiste de l’Albanie depuis 2013) défend l’investissement. Affinity Partners (la société d’investissement de Kushner, fondée en 2021) a été associée aux projets albanais, même si les représentants du projet ont décrit la participation des investisseurs comme personnelle. Sazan Real Estate Development LLC (le véhicule de développement nommé) affirme viser une gestion responsable. PPNEA (Protection and Preservation of Natural Environment in Albania, une ONG de conservation) figure parmi les opposants environnementaux. SPAK (la structure spéciale albanaise de poursuite anticorruption) enquête sur des questions liées au projet. Vjosa Wild River National Park (créé en 2023) encadre la sensibilité écologique plus large de la région.

Background

Le différend autour de la Vjosa s’inscrit dans une tendance balkanique plus ancienne, dans laquelle les infrastructures stratégiques et les projets immobiliers de luxe entrent en conflit avec la protection de l’environnement ou du patrimoine. Le gouvernement albanais a officiellement désigné la rivière Vjosa et ses affluents comme parc national le 15 mars 2023, après des années de campagne contre des projets hydroélectriques. En 2024, l’Albanie a modifié les règles permettant des projets touristiques haut de gamme dans des zones protégées, selon la couverture du texte parlementaire. Un projet similaire de réaménagement lié à Kushner à Belgrade a été bloqué en décembre 2025 après que des procureurs serbes ont inculpé des responsables pour falsification présumée de documents liée à la levée d’une protection patrimoniale.

OIS Intelligence

Opposing perspectives

  1. Gouvernement albanais / Edi Rama

    Le Premier ministre Edi Rama soutient que le projet ne devrait pas être jugé avant qu’un plan final et une évaluation environnementale existent. Son argument le plus solide est que l’Albanie a besoin d’investissements touristiques haut de gamme, que conservation et développement peuvent être équilibrés, et que rejeter le projet en raison du lien avec la famille Trump reviendrait à pénaliser les ambitions économiques de l’Albanie.

  2. Organisations environnementales (PPNEA et ONG européennes de conservation)

    Les organisations environnementales soutiennent que le problème n’est pas le nom de famille des investisseurs, mais le précédent consistant à autoriser des engins, des clôtures et des travaux d’accès dans un habitat protégé sensible avant un examen public complet. Leur argument le plus solide est que le parcours de l’Albanie vers l’UE exige une application crédible du droit environnemental, et non des exceptions pour un tourisme de luxe politiquement connecté.

  3. Mouvement de protestation à Tirana

    Le mouvement de protestation présente le complexe touristique comme un symbole de politiques foncières opaques et d’accès des élites à des actifs côtiers publics ou contestés. Son argument le plus fort est que les citoyens sont invités à accepter des changements écologiques et fonciers irréversibles avant de pouvoir voir les permis, la clarté de la propriété ou des bénéfices publics exécutoires.

  4. Représentants du projet / Sazan Real Estate Development LLC

    Les représentants du projet affirment que le développement peut créer une valeur locale à long terme tout en respectant les processus publics et institutionnels. Leur argument le plus solide est que les premiers travaux techniques et la planification ne devraient pas être traités comme une preuve de destruction environnementale avant que les plans formels, les mesures d’atténuation et les engagements d’investissement soient achevés.