Amnesty accuse Israël de contraindre des Palestiniens de Cisjordanie à quitter leurs villages
Amnesty International affirme qu’Israël mène une campagne soutenue par l’État pour forcer des Palestiniens à quitter certaines parties de la Cisjordanie occupée, en particulier des communautés bédouines et pastorales exposées aux violences de colons, aux ordres de démolition et à l’expansion des avant-postes. Le nouveau rapport de l’organisation indique que cette pression vise à permettre l’annexion, et n’est pas simplement le résultat d’attaques extrémistes isolées. Les données humanitaires de l’ONU citées dans la couverture indiquent que plus de 100 villages de Cisjordanie ont été entièrement ou partiellement vidés entre janvier 2023 et avril 2026, tandis que plus de 7 280 incidents de déplacement ont suivi des démolitions menées par les forces israéliennes. Israël rejette la qualification de sa présence en Cisjordanie comme annexion illégale et affirme que le statut final du territoire doit être négocié. Le rapport paraît alors que les gouvernements européens débattent de la question de savoir si des sanctions ciblées contre les colons suffisent, ou si le commerce avec les colonies devrait faire l’objet de restrictions plus larges après l’avis consultatif de 2024 de la Cour internationale de Justice.
Pour les électeurs belges, les organisations de la société civile, les universités, les communautés juives et palestiniennes, ainsi que les entreprises commerçant avec Israël ou avec des chaînes d’approvisionnement liées aux colonies, le rapport renforce un débat politique existant : la Belgique et l’UE doivent-elles s’appuyer sur des sanctions individuelles ou restreindre plus largement le commerce avec les colonies ? Le service d’action extérieure de l’Union européenne a déjà utilisé des sanctions en matière de droits humains contre des colons violents, tandis que l’avis consultatif de 2024 de la Cour internationale de Justice donne aux responsables politiques belges et européens une référence juridique pour les obligations de non-reconnaissance et de non-assistance.
Amnesty International (organisation de défense des droits humains basée à Londres et fondée en 1961) est l’autrice du rapport. Oxfam (confédération internationale de lutte contre la pauvreté et d’aide humanitaire fondée en 1942) a également mis en garde, dans le principal élément, contre les risques de déplacement. La Cisjordanie occupée (territoire palestinien conquis par Israël à la Jordanie lors de la guerre des Six Jours de 1967) est administrée à travers un chevauchement entre le contrôle militaire israélien, l’administration de l’Autorité palestinienne et les systèmes de colonies israéliens. Khan al-Ahmar (hameau bédouin à l’est de Jérusalem, menacé de démolition depuis longtemps) est devenu un test symbolique des craintes de transfert forcé. La Knesset (le parlement israélien à Jérusalem) est le lieu où sont débattus les projets de loi liés à l’annexion et les modifications du droit pénal. Agnès Callamard (secrétaire générale d’Amnesty International depuis 2021) a présenté les accusations du rapport. Bezalel Smotrich (ministre israélien des Finances et défenseur d’extrême droite de la colonisation) a poussé à l’élargissement du contrôle israélien en Cisjordanie. Kaja Kallas (cheffe de la politique étrangère de l’UE depuis 2024) représente la voie des sanctions de l’UE.
Background
Israël a pris le contrôle de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est lors de la guerre des Six Jours de 1967. La résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en 2016, a réaffirmé que les colonies n’ont aucune validité juridique au regard du droit international. L’avis consultatif de 2004 de la Cour internationale de Justice sur le mur a conclu que la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, était un territoire occupé, et son avis consultatif du 19 juillet 2024 a indiqué qu’Israël devait mettre fin à sa présence illicite, cesser toute nouvelle activité de colonisation et évacuer les colons. Depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza, des groupes de défense des droits humains et des agences de l’ONU ont décrit une accélération des violences de colons, des restrictions de circulation et des démolitions en Cisjordanie.
Opposing perspectives
- Amnesty International / organisations de défense des droits humains
Amnesty International soutient que le déplacement n’est pas un effet secondaire d’attaques dispersées de colons, mais qu’il fait partie d’une structure permise par l’État, impliquant des avant-postes, des démolitions, l’enregistrement des terres et des changements juridiques. Dans ce cadre, des sanctions ciblées contre des individus violents ne répondent pas à la mécanique administrative qui rend le retour des Palestiniens et l’accès aux terres de plus en plus difficiles.
- Gouvernement israélien / défenseurs des colonies
La position d’Israël est que la Cisjordanie est un territoire disputé plutôt qu’un territoire illégalement occupé, que les décisions de sécurité et d’utilisation des terres relèvent des autorités israéliennes, et que les frontières finales devraient être réglées par des négociations. Les défenseurs des colonies affirment également que les communautés juives présentes dans le territoire disposent d’une légitimité historique et sécuritaire.
- Gouvernements de l’UE favorables aux sanctions ciblées
Les gouvernements de l’UE qui soutiennent des sanctions ciblées estiment que les interdictions de voyager et les gels d’avoirs peuvent sanctionner les acteurs violents tout en préservant une marge diplomatique avec Israël et en évitant une rupture économique plus large. Cette approche traite les violences de colons comme des comportements passibles de sanctions, mais s’arrête avant une interdiction complète du commerce avec les colonies, qui continue de diviser les États membres.
- Défenseurs d’une interdiction commerciale en Europe
Les défenseurs européens de restrictions au commerce avec les colonies soutiennent que l’avis consultatif de la CIJ rend concrètes les obligations de non-assistance : si les colonies sont illégales, les États ne devraient pas autoriser une activité commerciale qui contribue à les maintenir. Ils considèrent les sanctions individuelles comme symboliquement utiles, mais structurellement trop limitées.
Sources & evidence
- Al Jazeera - Amnesty and Oxfam warn of displacement in the occupied West Bank · 2026-06-12
- Associated Press - Amnesty accuses Israel's government of 'ethnic cleansing' of Palestinians from the West Bank · 2026-06-10
- The Guardian - UK and allies impose sanctions on firms enabling West Bank settler violence · 2026-06-09
- The Guardian - EU announces sanctions against violent Israeli settlers · 2026-05-11
- Washington Post - E.U. puts sanctions on Israeli settlers after Hungary drops Orban's veto · 2026-05-11
- International Court of Justice - Legal Consequences arising from the Policies and Practices of Israel in the Occupied Pa · 2024-07-19
- Council of the European Union - Council sanctions four individuals and two entities over serious human rights abuses aga · 2024-04-19
- Chatham House - Israel's accelerating de facto annexation of the West Bank has dangerous implications · 2026-04-22
