Image illustrating: Mark Carney (editorial)
Lea-Kim (talk · contribs) / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0
International
ANALYSE

Carney appelle le Canada et l’UE à construire un bloc de puissances moyennes avant le G7

Le Premier ministre canadien Mark Carney a profité d’une visite à Dublin avant le sommet du G7 en France pour défendre l’idée que le Canada et l’Union européenne devraient agir ensemble comme une « troisième voie » dans un ordre mondial plus coercitif. Carney a déclaré que le Canada et l’Europe peuvent multiplier leur poids grâce au commerce, aux achats de défense, aux minerais critiques et à la coordination diplomatique, plutôt que de se disputer les faveurs de Washington. Le cadre immédiat est le sommet du G7 des 15-17 juin à Évian-les-Bains, où la politique commerciale américaine et le réexamen prévu de l’USMCA pèseront sur les discussions entre alliés. Pour l’Europe, ce discours renforce une voie UE-Canada déjà existante : le Council of the EU indique que le Canada a signé un partenariat de sécurité et de défense avec l’UE le 23 juin 2025, et la Commission européenne affirme que le CETA a augmenté le commerce de biens et de services entre l’UE et le Canada depuis son application provisoire en 2017. Le rôle de la Belgique est indirect mais réel, car Bruxelles accueille les institutions européennes qui transforment cette stratégie en politique.

Belgium Impulse Editorial·13 June 2026·3 min read·8 sources
Key signal

Pour les lecteurs basés en Belgique, il s’agit surtout d’un dossier européen et commercial. Les exportateurs belges, les opérateurs portuaires, les entreprises logistiques, les fournisseurs de défense et les équipes de politique publique à Bruxelles évoluent tous dans des cadres européens qui pourraient s’approfondir avec le Canada. La Commission européenne affirme que le CETA a déjà développé les échanges UE-Canada, tandis que le Council of the EU décrit les partenariats de sécurité comme des outils de coopération en matière de défense, de cyber, de maritime et de menaces hybrides. Les électeurs et les entreprises belges devraient lire le message de Carney comme un nouveau signe que l’agenda européen de sécurité économique devient moins centré sur les États-Unis.

Mark Carney (Premier ministre canadien depuis 2025 et ancien gouverneur de la Bank of Canada et de la Bank of England) reformule la politique étrangère canadienne autour d’une diversification par rapport aux États-Unis. Micheál Martin (Taoiseach de l’Irlande, ou chef du gouvernement) a accueilli Carney à Dublin avant la prochaine présidence irlandaise du Council of the EU. Emmanuel Macron (président français et hôte du G7 2026) réunit les dirigeants à Évian-les-Bains, une ville française au bord du lac Léman. Le G7 (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni, États-Unis et UE comme participante) est un forum informel d’économies avancées. Le CETA (l’accord économique et commercial global entre l’UE et le Canada, appliqué provisoirement depuis 2017) est le principal cadre commercial. SAFE (Security Action for Europe, l’instrument de prêts de l’UE pour les achats de défense) est le canal militaro-industriel que Carney souhaite voir le Canada utiliser. L’USMCA (l’accord États-Unis-Mexique-Canada, en vigueur depuis 2020) est le principal pacte commercial nord-américain du Canada.

Background

La trajectoire générale est antérieure au discours de Carney à Dublin. La Commission européenne indique que le CETA est entré provisoirement en vigueur le 21 septembre 2017, supprimant la plupart des barrières tarifaires, tandis que la ratification complète reste inachevée. Le Council of the EU indique que les partenariats de sécurité et de défense sont devenus un outil de la Boussole stratégique après mars 2022, lorsque la guerre à grande échelle menée par la Russie en Ukraine avait déjà poussé l’Europe vers une coopération de défense plus structurée. Le Canada et l’UE ont signé leur partenariat de sécurité et de défense le 23 juin 2025. Le Global Risks Report 2026 du World Economic Forum a ensuite présenté la confrontation géoéconomique comme un risque majeur à court terme, ce qui aide à comprendre le langage de Carney sur les puissances moyennes.

OIS Intelligence

Opposing perspectives

  1. Gouvernement Carney / camp de la diversification canadienne

    L’argument de Carney est que le Canada peut réduire sa vulnérabilité aux pressions américaines en approfondissant ses liens avec l’UE dans le commerce, les achats de défense et les minerais critiques. Carney a déclaré à Dublin que les puissances moyennes peuvent conjuguer leur influence plutôt que de se disputer les faveurs, et il présente l’Europe comme le partenaire naturel de ce virage.

  2. Administration américaine / camp de la négociation commerciale

    La position américaine, telle que décrite par un responsable de l’administration cité dans la couverture, est qu’aucune avancée majeure avec le Canada n’est attendue au G7 et que Washington reste concentré sur le levier de l’USMCA. Ce cadrage considère l’offensive européenne de Carney comme secondaire par rapport à la relation commerciale nord-américaine, toujours dominante.

  3. Institutions européennes / camp du partenariat stratégique

    Le Council of the EU présente les partenariats de sécurité et de défense comme une manière structurée de travailler avec des pays non membres de l’UE partageant les mêmes vues sur le cyber, la sécurité maritime, les menaces hybrides et la gestion des crises. Dans cette lecture, le Canada n’est pas un partenaire symbolique, mais fait partie de la boîte à outils plus large de l’UE pour la résilience géopolitique.