Image illustrating: Gaza football pitch (editorial)
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International
ANALYSE

Les footballeurs de Gaza abordent le mois de la Coupe du monde avec leur sport en ruines

La Coupe du monde FIFA 2026 s’ouvre le 11 juin en Amérique du Nord comme le plus grand tournoi de la FIFA, mais la communauté footballistique de Gaza y arrive dans une situation de dévastation plutôt que de célébration. La FIFA présente le tournoi comme une compétition à 48 équipes organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, tandis que la Palestine reste en dehors de la phase finale après un cycle de qualification disputé sous la guerre, les déplacements forcés et les contraintes de voyage. La Palestinian Football Association affirme que des centaines de footballeurs ont été tués et que de nombreuses installations ont été endommagées ou détruites depuis octobre 2023 ; ces chiffres sont politiquement contestés et ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante depuis l’intérieur de Gaza, où l’accès de la presse étrangère reste interdit. L’histoire porte moins sur une qualification manquée que sur le problème institutionnel du football : le sport mondial se présente comme universel, alors que les joueurs, clubs et responsables palestiniens peinent à préserver même les infrastructures de base du jeu.

Belgium Impulse Editorial·11 June 2026·3 min read·7 sources
Key signal

Pour les supporters, clubs et familles belges qui regardent la Coupe du monde, Gaza rappelle que le langage mondial d’inclusion du tournoi coexiste avec des questions non résolues sur la guerre, l’occupation et l’accès au sport. L’équipe nationale belge participe au même tournoi, de sorte que les téléspectateurs belges rencontrent cette histoire par le football, et pas seulement par la diplomatie. Elle compte aussi pour les électeurs belges, les ONG, les communautés juives et palestiniennes, ainsi que les lecteurs qui suivent la politique de l’UE, car la Belgique et les institutions européennes continuent de débattre de la manière dont le droit, la politique humanitaire et la vie culturelle devraient répondre à Gaza.

La bande de Gaza (enclave côtière palestinienne sous blocus israélien depuis 2007) est au centre des dommages footballistiques et humanitaires décrits ici. La FIFA (instance dirigeante mondiale du football basée à Zurich, fondée en 1904) organise la Coupe du monde et reconnaît les associations nationales de football. La Palestinian Football Association (instance dirigeante du football palestinien, membre de la FIFA depuis 1998) organise l’équipe nationale et les compétitions nationales. La Coupe du monde FIFA 2026 (11 juin-19 juillet 2026, organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique) est la première Coupe du monde masculine à 48 équipes. L’Israel Football Association (association membre de la FIFA et de l’UEFA pour Israël) fait l’objet de plaintes palestiniennes concernant des clubs dans les colonies et des allégations de discrimination. Jibril Rajoub (président de la Palestinian Football Association depuis 2008) a mené les appels à une action de la FIFA. La Cour internationale de Justice (tribunal de l’ONU à La Haye) a rendu un avis consultatif le 19 juillet 2024 sur l’occupation par Israël du territoire palestinien.

Background

Le football palestinien a été à plusieurs reprises façonné par les conflits et les contrôles de mouvement. La Palestinian Football Association est devenue membre à part entière de la FIFA en 1998, après la création d’institutions palestiniennes dans le contexte des accords d’Oslo. AP a rapporté que l’association avait déclaré que l’ancien joueur de l’équipe nationale Mohammed Barakat avait été tué à Gaza en mars 2024, alors que le bilan de guerre de la PFA pour les sportifs était déjà en hausse. La FIFA a ouvert des enquêtes en octobre 2024 sur des plaintes palestiniennes concernant la discrimination et des clubs israéliens dans les colonies. L’avis consultatif rendu le 19 juillet 2024 par la Cour internationale de Justice a ensuite conclu que la présence continue d’Israël dans le territoire palestinien occupé était illicite, renforçant le contexte juridique autour du sport lié aux colonies.

OIS Intelligence

Opposing perspectives

  1. Palestinian Football Association

    La Palestinian Football Association soutient que le football ne peut pas être séparé des conditions dans lesquelles les joueurs palestiniens vivent et concourent. Sa position est que les morts, les installations endommagées, les restrictions de mouvement et les clubs liés aux colonies créent une question de droits sportifs que la FIFA doit traiter au moyen de ses propres statuts, et pas seulement à travers un langage diplomatique sur la paix.

  2. Direction de la FIFA

    La ligne institutionnelle de la FIFA est que les instances du football doivent faire preuve de prudence lorsqu’elles tentent de régler des différends géopolitiques par des interdictions sportives. La FIFA a enquêté sur les plaintes palestiniennes, mais son approche met l’accent sur la procédure juridique, les règles applicables aux associations membres et le risque qu’une instance mondiale du football outrepasse son rôle si elle se substitue aux tribunaux ou aux gouvernements.

  3. Autorités israéliennes

    Les autorités israéliennes présentent l’action militaire à Gaza comme une réponse au Hamas et à d’autres groupes armés, et l’armée israélienne affirme viser des objectifs militaires tout en accusant le Hamas d’opérer parmi les civils. Ce cadre rejette l’idée que des sanctions sportives devraient découler automatiquement des dégâts de guerre attribués par des institutions palestiniennes.