Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA ordonne à l’Iran de déclarer son stock d’uranium enrichi
Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA a adopté une résolution exigeant que l’Iran fournisse aux inspecteurs des informations complètes sur son stock d’uranium enrichi et l’accès nécessaire pour le vérifier, après que l’agence a déclaré ne plus pouvoir confirmer la taille, la composition ou l’emplacement actuels de ce matériel. Des diplomates présents à la réunion à huis clos ont indiqué que le conseil de 35 membres avait approuvé le texte par 21 voix contre 3, avec 10 abstentions et 1 membre n’ayant pas pris part au vote. L’AIEA a estimé que l’Iran détenait 440,9 kilogrammes d’uranium enrichi jusqu’à 60 % avant que les inspections de sites bombardés ne soient bloquées, un niveau proche des 90 % généralement considérés comme de qualité militaire. L’ambassadeur de l’Iran à Vienne, Reza Najafi, a rejeté cette mesure, la jugeant politiquement motivée, et a déclaré que les attaques contre des installations soumises aux garanties avaient rendu les garanties normales impossibles. La décision maintient la pression sur Téhéran sans renvoyer immédiatement le dossier devant le Conseil de sécurité de l’ONU.
Pour les résidents et les entreprises belges, le canal immédiat n’est pas la politique locale, mais la sécurité européenne et les prix. Le Council of the EU a déclaré que prévenir l’obtention d’une arme nucléaire par l’Iran était une priorité clé en matière de sécurité, si bien que les diplomates belges, les responsables de l’UE à Bruxelles et les entreprises exposées aux risques énergétiques et maritimes dans le Golfe suivent de près l’accès de l’AIEA. Les tensions dans le détroit d’Ormuz comptent aussi pour les consommateurs et les PME, car les coûts du carburant, du fret et des engrais peuvent se répercuter sur l’inflation et les chaînes d’approvisionnement en Belgique.
L’Agence internationale de l’énergie atomique (organisme de surveillance nucléaire de l’ONU fondé en 1957 et basé à Vienne) vérifie les programmes nucléaires civils. Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA (organe politique de 35 États) peut censurer des États et signaler des violations des garanties au Conseil de sécurité de l’ONU. L’Iran (République islamique, partie au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires depuis 1970) affirme que son programme nucléaire est pacifique. Rafael Mariano Grossi (directeur général de l’AIEA depuis 2019) dirige les rapports de l’agence. Reza Najafi (ambassadeur de l’Iran auprès de l’AIEA) représente Téhéran à Vienne. Kazem Gharibabadi (vice-ministre iranien des Affaires étrangères et ancien envoyé auprès de l’AIEA) soutient que la résolution déplace la responsabilité des attaques contre les installations iraniennes. Fordow, Natanz et Isfahan (grands sites nucléaires iraniens) ont été touchés en 2025. Le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (traité de maîtrise des armements de 1968) fonde les obligations de garanties. Le JCPOA (accord de 2015 sur le nucléaire iranien) a été entériné par la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’ONU. La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis ont parrainé la résolution ; la Russie, la Chine et le Niger s’y sont opposés.
Background
Le dossier nucléaire iranien a régulièrement oscillé entre inspections techniques et confrontation géopolitique. Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA a constaté le non-respect par l’Iran de ses obligations en 2005, et le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté des résolutions de sanctions à partir de 2006. Le JCPOA, conclu en 2015, a limité l’enrichissement et renforcé la vérification, mais les États-Unis s’en sont retirés en 2018 et l’Iran a ensuite dépassé plusieurs limites. Les conclusions du Council of the EU de 2022 indiquaient que l’Iran devait reprendre la surveillance liée au JCPOA et remplir ses obligations de garanties au titre du TNP. En juin 2025, le Conseil des gouverneurs de l’AIEA a de nouveau constaté le non-respect par l’Iran de ses obligations, peu avant des frappes israéliennes et américaines contre des sites nucléaires iraniens.
Opposing perspectives
- Majorité du Conseil des gouverneurs de l’AIEA et parrains occidentaux
Les parrains de la résolution présenteraient le vote comme une mesure de garanties, et non comme une sanction. La version la plus solide de leur argument est que l’AIEA ne peut pas vérifier l’absence de détournement sans inventaires ni accès aux sites, et qu’une agence technique perd en crédibilité si un important stock proche de la qualité militaire reste hors inspection.
- Gouvernement iranien et envoyé auprès de l’AIEA Reza Najafi
La position de l’Iran est que la résolution ignore la réalité sécuritaire créée par les attaques contre des installations nucléaires soumises aux garanties. Reza Najafi soutient que les conditions normales d’inspection ont été perturbées par une action militaire, tandis que Kazem Gharibabadi affirme que le conseil est utilisé pour transférer à Téhéran la responsabilité des attaques américano-israéliennes.
- Position de politique étrangère du Council of the EU
Les conclusions du Council of the EU présentent la trajectoire nucléaire de l’Iran comme un risque régional de non-prolifération nécessitant diplomatie, vérification et pression. Son argument le plus fort est que les débats politiques autour du JCPOA sont distincts des obligations de garanties juridiquement contraignantes au titre du TNP, qui restent essentielles même lorsque la diplomatie plus large échoue.
Sources & evidence
- Al Jazeera - UN watchdog demands Iran provide information on nuclear stockpile · 2026-06-11
- Associated Press - UN nuclear watchdog board demands urgent Iran cooperation and access to nuclear sites · 2026-06-10
- Associated Press - UN nuclear watchdog says it's been unable to inspect Iranian facilities · 2026-06-04
- The Guardian live blog - US says second day of strikes completed · 2026-06-11
- Council of the EU - Iran: Council approves conclusions · 2022-12-12
- Matt E. Caplan, Improvised Nuclear Weapons with 60%-Enriched Uranium, arXiv, 2025 · 2025-07-27
