Image illustrating: Bart De Wever and Tom Van Grieken in a Flemish political context (editorial)
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Flanders
Politique flamande

Le Vlaams Belang prend-il le large face à la N-VA en Flandre après son pire sondage postélectoral ?

Un nouveau sondage politique HLN/VTM rapporte que le Vlaams Belang dispose d’une avance nette comme plus grand parti en Flandre, tandis que la N-VA enregistre son plus faible résultat dans les sondages depuis les élections de juin 2024. Ce constat compte parce que la N-VA n’est plus seulement une force d’opposition flamande : son ancien président, Bart De Wever, est désormais Premier ministre de Belgique, et son parti est le pilier de la coalition fédérale Arizona avec le MR, Les Engagés, le CD&V et Vooruit. Les sondages ne répartissent pas le pouvoir, et la Belgique est toujours dans le cycle législatif 2024-2029, mais le signal est politiquement embarrassant. Il suggère que la N-VA paie un coût de parti au pouvoir, tandis que le Vlaams Belang, dirigé par son président Tom Van Grieken, peut continuer à faire campagne depuis l’opposition sur la migration, le pouvoir d’achat, la sécurité et l’autonomie flamande.

Belgium Impulse Editorial·28 June 2026·3 min read·5 sources
Key signal

Pour les lecteurs en Belgique, le point pratique n’est pas qu’une élection serait imminente. Les prochaines élections fédérales et régionales régulières sont prévues en 2029. Le point est que la pression des sondages influence la manière dont les partis agissent aujourd’hui. La N-VA doit défendre les compromis fédéraux sur le budget, les pensions, la migration, la défense et la réforme de l’État, tout en concurrençant le Vlaams Belang auprès des électeurs nationalistes flamands. Le Vlaams Belang peut se présenter comme l’alternative non compromise, surtout si les électeurs estiment que le gouvernement fédéral avance trop lentement ou demande trop aux ménages. Pour les expatriés et le personnel des institutions européennes, le sondage est un avertissement utile : la politique fédérale belge reste fortement conditionnée par la compétition électorale flamande, même lorsque les décisions politiques sont formellement fédérales ou tournées vers l’Europe.

Le sujet est l’équilibre des forces à droite en Flandre. La N-VA, formellement la Nieuw-Vlaamse Alliantie, est un parti nationaliste flamand de centre droit qui est devenu le plus grand parti fédéral belge lors de l’élection de la Chambre en 2024 et dirige désormais le gouvernement fédéral par l’intermédiaire du Premier ministre Bart De Wever. Le Vlaams Belang est un parti d’opposition nationaliste flamand d’extrême droite dirigé par Tom Van Grieken. Il a fortement progressé lors des élections fédérales, flamandes et européennes de 2024, mais est resté hors du gouvernement parce que la plupart des partis maintiennent un cordon sanitaire contre toute coopération avec lui. Le nouveau sondage, rapporté par Het Laatste Nieuws, place le Vlaams Belang en tête en Flandre et marque le pire sondage de la N-VA depuis les élections, selon le rapport de départ.

Background

La politique flamande est façonnée depuis des décennies par la concurrence entre partis nationalistes et par la structure fédérale de la Belgique. La N-VA est issue de la tradition de la Volksunie et est devenue le parti flamand dominant après 2010 en combinant autonomie flamande et image de parti de gouvernement. Le Vlaams Belang, successeur du Vlaams Blok, est depuis longtemps exclu par le cordon sanitaire, mais il a régulièrement obtenu de bons résultats dans les sondages et a progressé lors des cycles de 2019 et 2024. Les élections de 2024 ont été importantes parce que la N-VA a résisté au défi du Vlaams Belang, est restée le plus grand parti à la Chambre, puis est passée de l’opposition à la direction fédérale. Cela rend tout recul postélectoral plus sensible qu’un simple creux de mi-mandat.

OIS Intelligence

Impact

Regional — L’impact est principalement flamand. En Flandre, le sondage renforce l’impression que le Vlaams Belang fixe la ligne de pression à droite, tandis que la N-VA doit équilibrer son profil flamand avec sa responsabilité fédérale. À Bruxelles et en Wallonie, l’effet immédiat est indirect : les partenaires francophones de la coalition observeront si la N-VA durcit le ton pour éviter de nouvelles pertes vers le Vlaams Belang.

Opposing perspectives

  1. Lecture d’opposition du Vlaams Belang

    Le Vlaams Belang lira le sondage comme la preuve qu’une grande partie de l’électorat flamand souhaite une ligne nationaliste et migratoire plus dure que celle proposée par les partis au pouvoir. Le parti de Tom Van Grieken peut soutenir que la N-VA est entrée au pouvoir fédéral, mais qu’elle est contrainte par des partenaires francophones et de centre gauche.

  2. Lecture gouvernementale de la N-VA

    La N-VA peut répondre que les sondages ne sont pas des élections et que gouverner la Belgique exige des résultats, pas un positionnement protestataire. Dans cette lecture, le test du Premier ministre Bart De Wever est de savoir si la coalition fédérale peut obtenir des résultats en matière de discipline budgétaire, de réforme du marché du travail, de migration et de défense, tout en gardant les électeurs flamands convaincus que la N-VA continue d’orienter la politique.

  3. Lecture des partenaires francophones de la coalition

    Le MR et Les Engagés, partenaires francophones de la N-VA dans la coalition fédérale Arizona, ont intérêt à empêcher que la pression des sondages flamands entraîne le gouvernement dans un conflit communautaire symbolique. Leur priorité sera probablement la gouvernabilité fédérale, le travail budgétaire et les réformes socio-économiques plutôt qu’une course entre partis nationalistes flamands.

  4. Lecture de l’opposition de centre gauche et écologiste

    Vooruit est au sein du gouvernement fédéral, mais concurrence Groen et le PVDA-PTB à gauche pour les électeurs inquiets de l’austérité et de la pression de droite. Ces électorats pourraient présenter le sondage moins comme une percée du Vlaams Belang que comme la preuve que le débat fédéral est tiré vers la migration, la sécurité et l’identité au détriment de la politique sociale.