Image illustrating: West Bank Israeli settlement outpost (editorial)
Al-Hajji, Deir Razih / Wikimedia Commons — CC BY 4.0
International
ANALYSE

Les colons israéliens déplacent le conflit foncier en Cisjordanie au-delà de la propriété sur papier

Les propriétaires fonciers palestiniens en Cisjordanie occupée constatent de plus en plus que les actes familiaux et les documents datant des périodes ottomane ou jordanienne ne les protègent pas contre l’intimidation des colons, l’expansion des avant-postes et les nouvelles mesures israéliennes d’enregistrement foncier. Les données de l’ONU citées par des agences humanitaires montrent des déplacements répétés de communautés pastorales et agricoles depuis 2023, tandis que le rapport de juin 2026 d’Amnesty International allègue que la violence des colons, les décisions d’aménagement soutenues par l’État et les restrictions à la circulation des Palestiniens s’inscrivent dans une politique plus large de déplacement forcé. Israël rejette l’idée que sa présence en Cisjordanie soit illégale et affirme que le statut final du territoire doit être réglé par des négociations. L’avis consultatif du 19 juillet 2024 de la Cour internationale de Justice a conclu que la présence continue d’Israël dans le territoire palestinien occupé était illégale et a déclaré que les autres États ne devaient pas aider cette situation, plaçant la question au cœur de l’agenda européen en matière de sanctions, de commerce et de diplomatie.

Belgium Impulse Editorial·11 June 2026·4 min read·8 sources
Key signal

Pour les lecteurs de Belgium Pulse, il s’agit avant tout d’un dossier de droit international et de politique européenne. Les électeurs belges, les diplomates, les ONG, les communautés juives et palestiniennes en Belgique, les universités et les entreprises actives dans les chaînes d’approvisionnement de l’UE sont tous confrontés à la question de savoir jusqu’où la Belgique et l’UE doivent aller au-delà des déclarations : sanctions, contrôles des produits issus des colonies, évaluations des risques liés aux armes ou politique de reconnaissance. L’avis de la CIJ et les votes ultérieurs de l’ONU comptent aussi pour le personnel de l’UE basé à Bruxelles, car ils définissent la base juridique de toute réponse européenne commune.

La Cisjordanie (territoire palestinien occupé par Israël depuis la guerre des Six Jours de 1967) comprend des villes palestiniennes, des villages, des terres agricoles et des colonies israéliennes. La zone C (environ 61 % de la Cisjordanie dans le cadre d’Oslo des années 1990) est celle où Israël conserve le plein contrôle civil et sécuritaire. Les colonies israéliennes (communautés civiles israéliennes construites en territoire occupé) sont considérées comme illégales par l’ONU et la Cour internationale de Justice, tandis qu’Israël conteste cette qualification juridique. La Cour internationale de Justice (tribunal de l’ONU à La Haye) a rendu un avis consultatif le 19 juillet 2024 sur l’occupation israélienne. Amnesty International (organisation de défense des droits humains basée à Londres et fondée en 1961) a publié le rapport de juin 2026 alléguant un déplacement forcé. Bezalel Smotrich (ministre israélien des Finances et responsable politique favorable aux colonies) a promu une extension du contrôle israélien sur l’administration de la Cisjordanie. L’Union européenne (bloc de 27 États dont le siège est à Bruxelles) a utilisé des sanctions et des règles d’étiquetage pour distinguer Israël des colonies.

Background

Le différend foncier s’inscrit dans une trajectoire plus longue d’occupation et de colonisation. Israël a pris le contrôle de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, en juin 1967. L’Accord d’Oslo II de 1995 a divisé le territoire en zones A, B et C, laissant la plupart des terres sous contrôle israélien dans l’attente d’un accord sur le statut final qui n’est jamais arrivé. La résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU, en 2016, a déclaré que les colonies n’avaient aucune validité juridique. Le 19 juillet 2024, la CIJ a conclu que la présence continue d’Israël était illégale et a appelé à mettre fin aux activités de colonisation. En février 2026, les mesures israéliennes visant à relancer l’enregistrement foncier en Cisjordanie ont renforcé les craintes que les preuves documentaires soient utilisées pour reclasser des terres contestées.

OIS Intelligence

Impact

Regional — La principale ligne de partage se situe entre la Belgique comme État membre de l’ONU et l’UE comme acteur des sanctions et du droit commercial. La Belgique a soutenu la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU du 18 septembre 2024 exigeant la fin de la présence illégale d’Israël, tandis que les mesures de l’UE nécessitent un accord entre États membres et ont été ralenties par des divisions internes. La Flandre, la Wallonie et Bruxelles ne font pas face à des obligations juridiques distinctes, mais les autorités fédérales belges, les services douaniers et les institutions européennes à Bruxelles sont les niveaux pertinents pour tout suivi concernant le commerce lié aux colonies ou les sanctions.

Opposing perspectives

  1. Organisations de défense des droits humains (Amnesty International)

    Le rapport de juin 2026 d’Amnesty International soutient que le déplacement n’est pas seulement une série d’attaques isolées de colons, mais un schéma rendu possible par l’État, combinant avant-postes, restrictions de mouvement, démolitions et faible responsabilisation afin de pousser les communautés palestiniennes à quitter des terres qu’elles revendiquent comme propriété privée.

  2. Gouvernement israélien / ministres favorables aux colonies

    Les positions du gouvernement israélien dans les éléments de reporting rejettent l’affirmation selon laquelle la Cisjordanie est occupée illégalement et présentent le statut final comme une question à régler par des négociations. Les ministres favorables aux colonies présentent l’enregistrement foncier et les mesures administratives comme des démarches de gouvernance et de sécurité, et non comme une annexion illégale.

  3. UE et gouvernements alliés imposant des sanctions

    Les gouvernements de l’UE et les gouvernements alliés qui prennent des sanctions ciblées affirment que les colons violents et les entités qui les soutiennent doivent en payer le prix, tout en maintenant ouvert un espace diplomatique plus large. Leur argument le plus fort est que les sanctions peuvent défendre le cadre à deux États sans rompre toutes les relations avec Israël.

  4. Partisans de restrictions commerciales liées aux colonies

    Les acteurs de la société civile et les parlementaires favorables à des interdictions commerciales liées aux colonies soutiennent que l’étiquetage et les sanctions limitées sont insuffisants après l’avis de la CIJ. Selon eux, les entreprises et les gouvernements risquent d’aider une situation illégale s’ils poursuivent une activité économique ordinaire liée aux colonies.