Nabih Berri place Amal au centre des efforts pour un cessez-le-feu au Liban
Nabih Berri, président du Parlement libanais et chef du Mouvement Amal, est devenu l’intermédiaire clé dans les tentatives visant à transformer une fragile dynamique de cessez-le-feu entre Israël et le Liban en règlement plus large. Ali Hamdan, conseiller de Berri, a déclaré que Berri avait transmis que Hezbollah accepterait un cessez-le-feu global si Israël mettait également fin aux attaques terrestres, aériennes et maritimes. Le président et le Premier ministre libanais, en revanche, tentent de dissocier la prise de décision libanaise des négociations régionales de l’Iran et de restaurer l’autorité de l’État sur la guerre et la paix. Amal compte parce qu’il n’est pas simplement le partenaire junior de Hezbollah : c’est l’ancienne machine politique chiite, implantée au Parlement et dans les réseaux de patronage, avec une histoire faite à la fois de rivalité et d’alliance avec Hezbollah. Le levier de Berri repose désormais sur sa capacité à traduire les exigences de Hezbollah en termes acceptables pour Israël, Washington et l’État libanais, sans approfondir la crise de souveraineté du Liban.
Pour les lecteurs belges, il s’agit principalement d’un dossier de sécurité internationale, et non d’une actualité locale belge. Il concerne les familles belgo-libanaises, les citoyens belges ayant des proches au Liban, les organisations d’aide, les diplomates et les entreprises qui suivent les risques au Moyen-Orient. Il compte aussi à Bruxelles, car les institutions de l’UE contribuent à façonner les sanctions, le financement humanitaire et la diplomatie de crise pour le Liban. La question pratique est de savoir si un acteur étatique libanais peut servir de médiateur avec Hezbollah, ou si les dynamiques Iran-Israël continuent de primer sur la politique libanaise.
Le Mouvement Amal (parti chiite libanais fondé en 1974 par le Mouvement des déshérités de Musa al-Sadr) est une force politique chiite plus ancienne que Hezbollah. Nabih Berri (chef d’Amal et président du Parlement libanais depuis 1992) est le principal courtier du pouvoir du parti. Hezbollah (parti chiite libanais soutenu par l’Iran et groupe armé fondé au début des années 1980) est à la fois l’allié et le rival d’Amal. Musa al-Sadr (clerc chiite libanais né en Iran, disparu en Libye en 1978) a donné à Amal sa base sociale initiale. Joseph Aoun (président du Liban et ancien commandant de l’armée) et Nawaf Salam (Premier ministre du Liban et ancien président de la Cour internationale de Justice) représentent le camp étatique dans le débat sur la souveraineté. Ali Hamdan (conseiller de Berri) a relayé la position de Berri sur le cessez-le-feu. Naim Kassem (chef de Hezbollah après l’assassinat de Hassan Nasrallah en 2024) est la voix politique actuelle du groupe armé. La résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU (texte de règlement de la guerre du Liban de 2006) encadre l’exigence d’un contrôle de l’État au sud du fleuve Litani, un cours d’eau stratégique dans le sud du Liban. L’IRGC est le Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran.
Background
Amal est né de la marginalisation chiite avant la guerre civile libanaise de 1975-1990 et est devenu une milice majeure avant d’évoluer en machine parlementaire. Hezbollah s’est développé plus tard, en partie à partir de courants plus islamistes qui s’étaient séparés d’Amal après l’invasion israélienne de 1982. Les deux mouvements se sont affrontés à la fin des années 1980 avant de s’inscrire dans une alliance durable. L’accord de Taëf de 1989 visait à mettre fin au règne des milices, tandis que la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée après la guerre Israël-Hezbollah de 2006, appelait à ce qu’aucune autorité armée autre que l’État libanais et la FINUL ne soit présente dans le sud du Liban. Ces dispositions restent centrales parce que Hezbollah n’est jamais devenu uniquement un parti civil.
Opposing perspectives
- Présidence et gouvernement libanais
Le président et le Premier ministre du Liban présentent la crise comme un test de souveraineté : les décisions relatives à la guerre, à la paix et aux négociations devraient être prises par les institutions de l’État libanais, et non par l’Iran, Hezbollah ou une quelconque voie régionale séparée. Leur argument le plus fort est que la diplomatie est la seule voie permettant de préserver ce qui reste du territoire libanais, de la sécurité de la population et des perspectives de reconstruction.
- Hezbollah et négociateurs liés à Amal
Le conseil politique de Hezbollah et le camp de Berri soutiennent qu’un cessez-le-feu ne peut être crédible si Israël continue d’occuper ou de frapper le territoire libanais tout en exigeant le retrait de Hezbollah. Leur argument le plus solide est la réciprocité : les groupes armés ne devraient pas être invités à se retirer sans un arrêt israélien parallèle sur terre, dans les airs et en mer, ainsi qu’une voie permettant le retour des Libanais déplacés.
- Responsables de la sécurité en Israël et aux États-Unis
Les responsables israéliens et américains présentent le problème central comme la capacité de Hezbollah à continuer d’attaquer le nord d’Israël tout en conservant des armes hors du contrôle de l’État libanais. Leur argument le plus fort est que tout cessez-le-feu laissant intacte l’infrastructure militaire de Hezbollah recréerait les conditions qui ont fait échouer les arrangements frontaliers précédents.
Sources & evidence
- Al Jazeera - What is the Amal Movement, Lebanon's other Shia party? · 2026-06-11
- Axios - Lebanese official told U.S. that Hezbollah ready for full ceasefire with Israel · 2026-06-01
- Associated Press - Lebanese leaders lash out at Iran and say their country should not be used as a bargaining chip · 2026-06-05
- Le Monde - Hezbollah sees war in Lebanon as a chance for political resurgence · 2026-06-10
- United Nations Security Council - Resolution 1701 (2006) · 2006-08-11
- Augustus Richard Norton - Amal and the Shi'a: Struggle for the Soul of Lebanon, University of Texas Press, 1987 · 1987-01-01
- Library of Congress - Lebanon: A Country Study · 1989-01-01
