Rapid Support Forces drones strike El-Obeid in Sudan's Kordofan
https://apnews.com/author/fatma-khaled
International
ANALYSE

Des drones des Rapid Support Forces frappent El-Obeid, dans le Kordofan au Soudan

Les Rapid Support Forces du Soudan sont accusées d’avoir mené des frappes de drones pendant la nuit sur El-Obeid, une ville stratégique tenue par l’armée dans le Kordofan du Nord. Des responsables sanitaires de l’hôpital d’El-Obed ont déclaré qu’au moins 15 personnes avaient été tuées et plus de 10 blessées ; le groupe de surveillance Emergency Lawyers a indiqué que le bilan pourrait s’alourdir, car des drones survolaient encore la ville. Les frappes auraient touché des zones proches de la 5e division d’infanterie de l’armée soudanaise, des habitations, un rassemblement funéraire, une station-service et un camion alimentaire entrant dans la ville. L’attaque s’inscrit dans une tendance plus large observée en 2026, dans laquelle l’armée soudanaise comme les RSF ont utilisé des drones à travers le Kordofan et le Darfour, souvent dans des zones civiles ou à proximité. Pour les lecteurs de l’UE et de Belgique, l’enjeu immédiat n’est pas un lien direct avec des victimes belges, mais la pression exercée sur la politique humanitaire européenne, les sanctions et l’accès à l’aide dans ce que la Commission européenne décrit comme la plus grande crise humanitaire au monde.

Belgium Impulse Editorial·11 June 2026·3 min read·7 sources
Key signal

Pour les lecteurs de Belgium Pulse, il s’agit avant tout d’un sujet de guerre internationale avec une dimension de politique européenne. Les contribuables belges y contribuent via le budget de l’UE, et la Commission européenne indique que l’UE a alloué 162 millions d’euros au Soudan dans le cadre de sa réponse plus large aux crises en 2026. Les ONG belges, les travailleurs humanitaires, les diplomates et les communautés soudanaises en Belgique sont touchés par la détérioration de l’accès, les débats sur les sanctions et les pressions liées aux réfugiés. L’attaque concerne également le personnel des institutions européennes à Bruxelles, car le Soudan constitue un test en cours pour la politique d’accès humanitaire et de protection des civils.

El-Obeid (capitale de l’État du Kordofan du Nord et important carrefour routier entre le centre du Soudan, le Darfour et le Kordofan) a vu son importance militaire évoluer à mesure que les lignes de front se déplaçaient à l’ouest de Khartoum. Le Kordofan du Nord (État soudanais du centre-ouest) se situe entre les zones tenues par l’armée et les routes sous influence des RSF vers le Darfour. Les Rapid Support Forces, ou RSF (groupe paramilitaire soudanais dirigé par Mohamed Hamdan Dagalo et en guerre contre l’armée depuis avril 2023), contrôlent des parties du Darfour et du Kordofan. Les Sudanese Armed Forces, ou SAF (armée régulière du Soudan dirigée par Abdel Fattah al-Burhan), tiennent une grande partie du nord, de l’est et du centre. Emergency Lawyers (groupe soudanais de surveillance juridique et des droits humains) suit les attaques et les dommages causés aux civils. Sudan Doctors Network (groupe de surveillance médicale) compile des informations sur les victimes à partir de personnels de santé. Mercy Corps (ONG humanitaire internationale fondée en 1979) intervient dans des contextes de crise. DG ECHO (service d’aide humanitaire de la Commission européenne) gère le soutien d’urgence de l’UE, y compris le financement destiné au Soudan.

Background

La guerre actuelle au Soudan a commencé en avril 2023 après la rupture entre l’armée et les RSF au sujet des modalités de commandement et d’intégration. Le Kordofan est devenu plus exposé après que l’armée a repris des parties de Khartoum, tandis que les RSF et les forces alliées conservaient des leviers au Darfour et sur les routes occidentales. Des incidents survenus plus tôt en 2026 illustrent cette tendance : AP a rapporté en mars que des attaques de drones dans le Kordofan avaient tué au moins 77 personnes dans des zones peuplées, tandis que des groupes médicaux et humanitaires citaient des frappes contre des hôpitaux, des marchés et des convois. La page de la Commission européenne consacrée au Soudan indique que l’utilisation d’armes lourdes et d’attaques de drones dans des zones densément peuplées a eu des effets dévastateurs sur les civils et peut constituer des crimes de guerre.

OIS Intelligence

Opposing perspectives

  1. Observateurs humanitaires (Emergency Lawyers / Sudan Doctors Network)

    Emergency Lawyers et Sudan Doctors Network présentent les frappes sur El-Obeid comme faisant partie d’une crise de protection des civils, et pas seulement comme un épisode du champ de bataille. Leur argument le plus fort est que les impacts rapportés sur des habitations, des funérailles, une station-service et un camion alimentaire indiquent une tendance dans laquelle la vie urbaine, les activités de secours et l’approvisionnement en aide deviennent des cibles ou des dommages collatéraux.

  2. Autorités humanitaires de l’UE (DG ECHO)

    DG ECHO présente le Soudan comme une urgence systémique en matière d’accès et de protection. Sa page consacrée au Soudan soutient que le conflit a créé la plus grande crise humanitaire au monde et que les attaques contre les soins de santé, les infrastructures énergétiques et les zones densément peuplées exigent à la fois un financement de l’aide et une pression sur les parties afin qu’elles respectent le droit international humanitaire.