Des chercheurs relient les sépultures de Çatalhöyük à des foyers maternels
Un nouveau rapport sur Çatalhöyük, l’établissement néolithique du centre de la Türkiye, indique que l’ADN ancien extrait de restes humains pointe vers des foyers organisés autour de lignées maternelles, les filles recevant un mobilier funéraire plus riche que les garçons. C’est une lecture plus étroite et plus défendable que le raccourci devenu viral d’une « société dirigée par les femmes » : la génétique peut montrer des schémas de parenté et de traitement funéraire, mais elle ne peut pas, à elle seule, prouver un pouvoir politique. L’UNESCO décrit Çatalhöyük comme un établissement rare et durable qui documente le passage des villages aux premières agglomérations urbaines, tandis que le Çatalhöyük Research Project indique que des décennies de données de fouilles restent centrales pour interpréter ses maisons, ses sépultures et ses artefacts. Pour les lecteurs belges, l’enjeu relève moins d’un événement politique direct que d’un rappel : l’ADN ancien est en train de remodeler les récits muséaux, l’enseignement universitaire et les débats publics sur le genre, la famille et les premières sociétés agricoles.
Il s’agit surtout d’un sujet scientifique et culturel pour les visiteurs de musées en Belgique, les étudiants, les enseignants, les archéologues et les lecteurs qui suivent les débats sur le patrimoine. Les universités et musées belges expliquent de plus en plus la préhistoire à travers la génétique, les migrations et l’organisation sociale, de sorte qu’une affirmation très médiatisée sur Çatalhöyük influencera la manière dont les débuts de l’agriculture et le genre sont abordés dans les classes et les expositions. La prudence pratique est importante : l’ADN ancien peut renforcer les interprétations de la parenté, mais les lecteurs belges doivent distinguer des foyers matrilinéaires ou matrilocaux d’un pouvoir politique avéré exercé par des femmes.
Çatalhöyük (établissement néolithique de la plaine de Konya, dans le centre de la Türkiye, occupé pendant environ deux millénaires) est l’un des sites les plus connus des débuts de l’agriculture. La plaine de Konya (plateau anatolien central autour de la ville de Konya) est le paysage dans lequel l’établissement s’est développé. L’Anatolie (la partie asiatique de la Türkiye moderne) a été un corridor majeur dans la diffusion de l’agriculture vers l’Europe. L’UNESCO (l’agence culturelle des Nations unies qui tient la Liste du patrimoine mondial) a inscrit le site néolithique de Çatalhöyük en 2012. Le Çatalhöyük Research Project (projet international de fouilles et d’archives dirigé par Ian Hodder jusqu’en 2018) conserve une grande partie des relevés de terrain modernes. Ian Hodder (archéologue britannique et ancien professeur à Stanford) a dirigé la longue deuxième phase de fouilles. Ali Ozan (archéologue à Pamukkale University) est mentionné par le site du projet comme directeur des fouilles en cours. Camilla Mazzucato, Michele Coscia et Mehmet Somel (chercheurs associés à un article d’archéogénomique de 2024) ont étudié la manière dont les liens biologiques et la culture matérielle peuvent être lus ensemble à Çatalhöyük.
Background
L’UNESCO indique que le tell oriental de Çatalhöyük contient des niveaux d’occupation néolithiques datés de 7400 à 6200 av. J.-C., tandis que le tell occidental reflète une occupation chalcolithique de 6200 à 5200 av. J.-C. Les fouilles menées par James Mellaart dans les années 1960 ont popularisé des interprétations des figurines féminines et de la symbolique de la déesse, mais les travaux ultérieurs dirigés par Ian Hodder ont traité avec davantage de prudence les affirmations simples de matriarcat. Un article de 2024 signé par Mazzucato, Coscia et leurs collègues soutenait que les données archéogénomiques doivent être interprétées avec les maisons et la culture matérielle, car la parenté biologique ne correspond pas à elle seule à l’identité sociale.
Opposing perspectives
- Archéologues prudents et chercheurs en archéogénomique
L’article de 2024 de Mazzucato, Coscia et leurs collègues soutient que la parenté biologique doit être interprétée avec l’usage des maisons, les artefacts et les pratiques funéraires. Dans ce cadre, le résultat ADN rapporté peut étayer l’hypothèse de foyers organisés par lignée maternelle ou matrilocaux, mais l’expression « société dirigée par les femmes » risque de transformer une preuve de parenté en affirmation politique que les données ne prouvent peut-être pas.
- Lecteurs intéressés par l’histoire publique et l’histoire du genre
Le cadrage du rapport principal présente le schéma funéraire et ADN comme une preuve que les femmes ont pu occuper un statut social central à Çatalhöyük. Cette lecture souligne que les premières communautés agricoles n’étaient pas automatiquement patriarcales et que des sépultures d’enfants de sexe féminin plus richement dotées, si elles sont confirmées par l’étude primaire, méritent un poids interprétatif sérieux.
Sources & evidence
- Al Jazeera - Archaeologists find ancient female-led society in Turkiye · 2026-06-12
- Times of India - Female-centred society discovered in 9,000-year-old Turkey settlement · 2026-06-11
- UNESCO World Heritage Centre - Neolithic Site of Çatalhöyük
- Çatalhöyük Research Project - Current excavations and archive information · 2021-11-16
- Camilla Mazzucato, Michele Coscia, Ayça Küçükakdağ Doğu, Scott Haddow, Muhammed Sıddık Kılıç, Eren Yüncü and Mehmet Some · 2024-06-27
- Live Science - Women likely ruled in Stone Age China, DNA analysis of 4,500-year-old skeletons reveals · 2025-06-21
