Sadiq Khan condamne un salon immobilier londonien pour la vente de biens dans des colonies de Cisjordanie
Le maire de Londres, Sadiq Khan, s’est opposé au Great Israeli Real Estate Event prévu dans la capitale britannique, déclarant que la vente de biens situés dans des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée ne devrait pas être promue à Londres. L’organisateur de l’événement, My Home in Israel, se présente comme une agence immobilière destinée aux acheteurs étrangers, tandis qu’Amnesty International UK affirme que les événements faisant la publicité de biens liés aux colonies risquent de normaliser l’annexion. L’avis consultatif rendu en 2024 par la Cour internationale de Justice a conclu que les colonies israéliennes dans le Territoire palestinien occupé avaient été établies en violation du droit international et a déclaré que les États ne devaient pas aider la situation créée par la présence illicite d’Israël. Israël conteste le caractère illégal de ses colonies. La controverse dépasse Londres, car elle teste la manière dont les villes européennes, les régulateurs et les consommateurs réagissent lorsque le marketing immobilier privé croise le droit international humanitaire, la politique de sanctions et les propres règles de l’UE sur l’étiquetage des produits issus des colonies.
Pour les lecteurs de Belgium Pulse, l’enjeu porte surtout sur la manière dont les autorités publiques européennes traitent les activités commerciales liées aux colonies, et pas seulement sur la politique municipale londonienne. Les consommateurs belges, importateurs, professionnels de l’immobilier, ONG, communautés juives et palestiniennes, ainsi que le personnel chargé des politiques européennes à Bruxelles, évoluent tous dans le cadre de la position juridique de l’UE selon laquelle les colonies ne font pas partie du territoire d’Israël internationalement reconnu. L’avis de 2024 de la CIJ et les sanctions occidentales récentes rendent plus concrets, pour les institutions et entreprises européennes, le marketing privé, la conformité commerciale et le risque réputationnel.
Sadiq Khan (maire de Londres depuis 2016) dirige la Greater London Authority, mais ne contrôle pas directement la politique étrangère du Royaume-Uni. Le Great Israeli Real Estate Event (salon immobilier itinérant organisé pour des acheteurs étrangers) a déjà suscité des manifestations en Amérique du Nord au sujet d’annonces liées à la Cisjordanie occupée. My Home in Israel (agence immobilière israélienne au service d’acheteurs étrangers) est désignée par les critiques de l’événement comme son organisateur. Zack Polanski (chef du Green Party of England and Wales et membre de la London Assembly) a soulevé la question lors du Mayor's Question Time. Amnesty International UK (section britannique de l’organisation de défense des droits humains fondée en 1961) mène campagne sur les questions de droit international et de droits humains. La Metropolitan Police (force de police territoriale de Londres) évaluerait toute allégation pénale liée à l’événement. La Cisjordanie et Jérusalem-Est (territoires palestiniens occupés par Israël depuis 1967) sont au centre du différend juridique. La Cour internationale de Justice (tribunal de l’ONU à La Haye) a rendu l’avis consultatif de 2024 sur l’occupation israélienne.
Background
Israël a pris le contrôle de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza lors de la guerre des Six Jours de 1967 ; l’avis consultatif de 2024 de la CIJ indique que le Territoire palestinien occupé constitue une unité territoriale unique et qu’Israël doit mettre fin aux nouvelles activités de colonisation. La résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 23 décembre 2016, a déclaré que l’activité de colonisation n’avait aucune validité juridique. La Cour de justice de l’Union européenne a jugé en 2019 que les denrées alimentaires provenant de territoires occupés par Israël devaient être étiquetées afin que les consommateurs puissent distinguer les produits des colonies des biens originaires du territoire israélien situé à l’intérieur des frontières d’avant 1967. En 2026, des gouvernements occidentaux ont élargi les sanctions ciblées liées aux violences commises par des colons.
Opposing perspectives
- Sadiq Khan et Amnesty International UK
Sadiq Khan et Amnesty International UK présentent l’événement comme une manifestation locale d’un problème plus large de droit international : le marketing immobilier privé peut contribuer à normaliser l’expansion des colonies lorsque la CIJ et la plupart des gouvernements européens considèrent celles-ci comme illégales. Leur argument le plus fort est que les villes ne devraient pas offrir un cadre commercial ordinaire à des transactions liées à des terres occupées.
- Gouvernement israélien et partisans des colonies
Israël conteste la lecture juridique internationale dominante sur les colonies et soutient que le statut de la Cisjordanie doit être résolu par des négociations plutôt que par des pressions extérieures. De ce point de vue, les sanctions, les manifestations et les annulations d’événements politisent une activité immobilière privée, ciblent Israël de manière particulière et risquent de durcir les positions plutôt que de rapprocher Israéliens et Palestiniens d’un règlement négocié.
- Acteurs européens de la conformité et des droits des consommateurs
Les acteurs de l’UE centrés sur le droit de la consommation et les sanctions présenteraient l’affaire moins comme une question de politique de rue que comme un sujet de diligence raisonnable. L’arrêt Psagot de 2019 de la CJUE et l’avis de 2024 de la CIJ renforcent l’argument selon lequel les acheteurs, banques et intermédiaires européens ont besoin d’informations claires sur l’origine et devraient éviter les transactions qui soutiennent une situation territoriale illicite.
Sources & evidence
- Al Jazeera - London mayor slams event touting illegal Israeli settlement land sales · 2026-06-12
- Associated Press - UK, France and other Western nations issue new sanctions on Israeli settlers in the West Bank · 2026-06-09
- Associated Press - Amnesty accuses Israel's government of ethnic cleansing of Palestinians from the West Bank · 2026-06-10
- The Guardian - UK and allies impose sanctions on firms enabling West Bank settler violence · 2026-06-09
- International Court of Justice - Legal Consequences arising from the Policies and Practices of Israel in the Occupied Pa · 2024-07-19
- United Nations Security Council Resolution 2334 · 2016-12-23
- Ardi Imseis, Negotiating the Illegal: On the United Nations and the Illegal Occupation of Palestine, 1967-2020, European · 2020-09-01
- Court of Justice of the European Union - Organisation juive européenne and Vignoble Psagot judgment, C-363/18 · 2019-11-12
