Le Royaume-Uni face à l’héritage du Brexit dix ans après le référendum
Dix ans après que le Royaume-Uni a voté pour quitter l’Union européenne, le Brexit est passé d’un projet de souveraineté à un test de la distance économique que chaque partie peut tolérer. Le résultat officiel de l’UK Electoral Commission montre que le Leave a remporté le référendum du 23 juin 2016 par 17 410 742 voix contre 16 141 241, avec une participation de 72,2 %. La rupture juridique est intervenue plus tard : le Trade and Cooperation Agreement a créé une relation sans droits de douane mais lourde en formalités après la sortie du Royaume-Uni du marché unique et de l’union douanière. Le Centre for Economic Performance a constaté que le régime commercial de 2021 avait provoqué une baisse persistante des importations britanniques relatives depuis l’UE et perturbé les petits exportateurs. Le reset européen de 2025 du gouvernement britannique visait à alléger les contrôles alimentaires, connecter les marchés carbone et approfondir la coopération en matière de défense, tout en maintenant la Grande-Bretagne hors du marché unique et de l’union douanière. Pour la Belgique, l’enjeu reste pratique : le commerce, les ports, les voyageurs, les universités et la diplomatie européenne basée à Bruxelles absorbent encore tous les coûts d’une relation moins dense.
Les exportateurs belges, les entreprises logistiques autour d’Anvers-Bruges et Zeebrugge, les entreprises alimentaires, les universités, les voyageurs et les familles ayant des liens avec le Royaume-Uni ressentent encore le Brexit à travers les formalités administratives, les procédures douanières, les limites de visa et les droits de mobilité modifiés. Le personnel des institutions européennes à Bruxelles suit également le reset parce qu’il affecte la défense, les marchés carbone et la coopération réglementaire. Les statistiques 2026 de l’UK Department for Business and Trade montrent que la Belgique est restée en 2025 l’un des dix premiers partenaires du Royaume-Uni pour le commerce de biens, ce qui signifie qu’il ne s’agit pas d’un débat britannique lointain.
Le Brexit (le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, achevé juridiquement le 31 janvier 2020) a suivi le référendum du 23 juin 2016. Le Royaume-Uni (Angleterre, Écosse, pays de Galles et Irlande du Nord) a été membre de l’UE de 1973 jusqu’au retrait. L’Union européenne (bloc politique et de marché unique de 27 pays, dont les institutions sont établies à Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg) a négocié le Brexit comme un processus collectif. Le Trade and Cooperation Agreement (traité UE-Royaume-Uni appliqué à partir du 1er janvier 2021 et en vigueur depuis le 1er mai 2021) régit la plupart des échanges et de la coopération post-Brexit. Keir Starmer (Premier ministre britannique depuis 2024) a cherché à resserrer les liens avec l’UE sans rejoindre les structures centrales de l’UE. Ursula von der Leyen (présidente de la Commission européenne depuis 2019) représente l’exécutif européen dans le reset. Le Centre for Economic Performance (centre de recherche de la London School of Economics) étudie les effets commerciaux du Brexit. L’UK Electoral Commission (régulateur électoral indépendant) a certifié les totaux du référendum.
Background
Le Royaume-Uni a rejoint les Communautés européennes le 1er janvier 1973 et a organisé un premier référendum sur l’appartenance en 1975, lorsque les électeurs ont soutenu le maintien. Le référendum de 2016 a renversé cet équilibre : l’UK Electoral Commission enregistre 17 410 742 voix pour le Leave et 16 141 241 voix pour le Remain. Theresa May a déclenché l’article 50 le 29 mars 2017 ; le Royaume-Uni est sorti le 31 janvier 2020 ; la transition a pris fin le 31 décembre 2020. Selon EUR-Lex, le Trade and Cooperation Agreement est ensuite devenu le principal cadre juridique UE-Royaume-Uni après son application provisoire à partir du 1er janvier 2021 et son entrée en vigueur le 1er mai 2021.
Impact
Regional — Au niveau de l’UE, la Commission et le Conseil gèrent la relation avec le Royaume-Uni comme un dossier de pays tiers couvrant le commerce, la sécurité, la mobilité et les discussions sur les marchés carbone. Aux niveaux fédéral et régional belges, l’impact est davantage commercial et opérationnel : les douanes, la logistique portuaire, les exportateurs et les agences sectorielles en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie traitent l’accès pratique au marché. Les statistiques commerciales du Royaume-Uni montrent que la Belgique figurait en 2025 parmi ses principaux marchés d’exportation et d’importation de biens, ce qui concentre l’effet belge dans les secteurs exposés au commerce plutôt que dans la politique constitutionnelle.
Opposing perspectives
- Gouvernement britannique / administration Starmer
La déclaration de mai 2025 du gouvernement britannique présente le reset comme une correction pragmatique : moins de contrôles alimentaires, des marchés carbone liés, une coopération en matière de défense et des déplacements facilités peuvent réduire les frictions tout en respectant les lignes rouges du programme contre un retour dans le marché unique, l’union douanière ou la libre circulation.
- Institutions européennes
Le cadre le plus affirmé de la Commission européenne est que le Royaume-Uni est désormais un partenaire tiers proche, et non un semi-membre. La coopération est bienvenue lorsqu’elle protège le marché unique, préserve une concurrence équitable et renforce la sécurité européenne, mais l’accès au marché dépend de règles applicables.
- Petits exportateurs et chercheurs en commerce
Les recherches du Centre for Economic Performance donnent le cadre économique sceptique : même sans droits de douane, le Brexit a introduit des coûts non tarifaires que les grandes entreprises peuvent absorber plus facilement que les petits exportateurs, de sorte que tout reset laissant en place les frontières douanières et réglementaires ne répare que partiellement les dommages.
Sources & evidence
- France 24 - Le Brexit : dix ans de chaos et de regrets ? · 2026-06-12
- UK Electoral Commission - Results and turnout at the EU referendum · 2019-09-25
- EUR-Lex - Official Journal L 149, EU-UK Trade and Cooperation Agreement · 2021-04-30
- UK Government - PM secures new agreement with EU to benefit British people · 2025-05-19
- UK Department for Business and Trade - Trade and investment core statistics book · 2026-05-21
- Rebecca Freeman, Kalina Manova, Thomas Prayer and Thomas Sampson, UK trade in the wake of Brexit, Centre for Economic Pe · 2022-04-01
- AP - The UK and the EU hail a new chapter as they sign fresh deals 5 years after Brexit · 2025-05-19
- Le Monde - Five years after Brexit, UK and EU aim for a fresh start · 2025-05-19
- The Guardian - Brexit cost UK £27bn in lost trade in first two years, review finds · 2024-12-18
