Le UNHCR dénombre 117,8 millions de personnes déplacées alors que les retours augmentent
Le rapport Global Trends du UNHCR indique que 117,8 millions de personnes étaient déplacées de force à la fin de 2025, une baisse rare après une décennie de croissance, mais toujours à une échelle que l’agence décrit comme exceptionnellement élevée. Le rapport du UNHCR indique que ce total comprend 41,6 millions de réfugiés, 9 millions de demandeurs d’asile et 68,7 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays par un conflit ou des violences. Il attribue ce recul en partie à 4,36 millions de retours de réfugiés et à 10,31 millions de personnes déplacées internes rentrées chez elles, tout en avertissant que de nombreux retours ont eu lieu dans des conditions fragiles ou dangereuses. Le compte rendu du rapport par Associated Press ajoute que le Liban et l’Iran avaient déjà généré de nouveaux déplacements importants en 2026, ce qui signifie que la baisse de fin d’année ne signale pas un environnement mondial plus calme. Pour la Belgique et l’UE, ces chiffres arrivent alors que le nouveau Pacte sur la migration et l’asile de l’UE commence à s’appliquer, mettant à l’épreuve la coexistence entre procédures plus rapides et obligations de protection.
Pour les résidents belges, le sujet ne relève pas d’une démographie abstraite : il influence l’accueil des demandeurs d’asile, l’intégration locale, les inscriptions scolaires, l’accès aux soins de santé et les budgets fédéraux de la migration. Fedasil et les autorités belges de l’asile font face aux effets pratiques lorsque des conflits au Soudan, en Syrie, en Afghanistan, au Liban ou ailleurs se transforment en demandes de protection. Le personnel des institutions européennes et les lecteurs centrés sur les politiques publiques à Bruxelles devraient aussi lire ces chiffres à la lumière du nouveau système d’asile de la Commission européenne, qui promet des procédures plus rapides et de la solidarité alors que les besoins mondiaux de protection restent historiquement élevés.
Le UNHCR (agence des Nations unies pour les réfugiés, fondée en 1950 et basée à Genève) compile le rapport annuel Global Trends sur les déplacements forcés. Barham Salih (Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés depuis 2026 et ancien président irakien) est le chef de l’agence cité dans le cycle du rapport. Tarek Abou Chabake (statisticien en chef du UNHCR) explique les facteurs statistiques à l’origine de la baisse. Le Liban (État de la Méditerranée orientale frontalier d’Israël et de la Syrie) fait face à de nouveaux déplacements liés à la guerre. Hezbollah (mouvement chiite libanais et groupe armé soutenu par l’Iran) est central dans le conflit du Liban avec Israël. Le Soudan (État d’Afrique du Nord-Est en guerre civile depuis avril 2023), la Syrie (État du Moyen-Orient où la guerre a commencé en 2011) et l’Afghanistan (État dirigé par les talibans depuis 2021) dominent les flux de retour récents. Fedasil (agence fédérale belge pour l’accueil des demandeurs d’asile) est l’institution belge la plus directement exposée lorsque les déplacements mondiaux deviennent une pression sur l’asile en Belgique.
Background
La série annuelle du UNHCR montre comment les déplacements forcés sont passés d’un enjeu grave mais plus limité de l’après-guerre froide à une crise mondiale structurelle après la guerre en Syrie commencée en 2011, l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022 et la guerre civile au Soudan en 2023. La page du UNHCR indique qu’une personne sur 70 dans le monde est désormais déplacée de force. L’Europe a connu son dernier choc comparable en matière de politique d’asile en 2015, lorsque les arrivées par la Méditerranée ont révélé la faiblesse du système de Dublin. L’UE a approuvé le Pacte sur la migration et l’asile en 2024 et l’a fait entrer en application en juin 2026.
Impact
Regional — Le niveau européen compte parce que la Commission européenne affirme que le Pacte sur la migration et l’asile fixe désormais des règles communes sur le filtrage, Eurodac, les procédures à la frontière, la solidarité et la responsabilité. Le niveau fédéral belge compte parce que Fedasil, l’administration de l’asile et le ministre de la Migration doivent traduire ces pressions en capacité d’accueil, politique de retour et traitement des dossiers. La Flandre, la Wallonie et Bruxelles en ressentent les effets à travers les centres d’accueil, les centres publics d’action sociale locaux, les écoles, les cours de langue et les communes, mais la responsabilité juridique reste principalement fédérale et européenne plutôt que régionale.
Opposing perspectives
- UNHCR / agences humanitaires
Le rapport du UNHCR présente la baisse comme fragile plutôt que rassurante : les retours ont augmenté, mais de nombreuses personnes sont revenues dans des pays où la sécurité, les services et les moyens de subsistance restent faibles. Cette lecture donne la priorité aux solutions durables, aux investissements dans les pays d’accueil et aux voies légales, pas seulement à la réduction du nombre d’arrivées.
- Commission européenne / responsables européens de la migration
La Commission européenne soutient que le nouveau pacte donne aux États membres des règles communes, des procédures renforcées aux frontières extérieures et un cadre permanent de solidarité. Dans cette lecture, l’ampleur des déplacements rend une gestion coordonnée de l’UE plus nécessaire, parce que des systèmes nationaux fragmentés ne peuvent pas gérer la pression de manière équitable ou prévisible.
- Organisations de défense des droits humains
Human Rights Watch et d’autres défenseurs des droits, cités dans la couverture du lancement du pacte, affirment que les procédures accélérées à la frontière et les risques de détention peuvent affaiblir l’accès à des auditions d’asile équitables. Leur argument le plus fort est que la rapidité et la dissuasion peuvent devenir des substituts à la protection lorsque les déplacements restent historiquement élevés.
- Partisans d’une ligne dure dans la migration fédérale belge
Le ministre belge de la Migration a soutenu que la Belgique devrait réduire les entrées, accélérer les retours et réserver l’accueil aux personnes dont le besoin est le plus clairement établi. Ce cadre considère les déplacements mondiaux comme une raison de rendre la Belgique moins attractive pour les mouvements secondaires, et non comme une raison d’étendre indéfiniment l’accueil.
Sources & evidence
- Al Jazeera - Lebanon war victims among 117M people displaced worldwide · 2026-06-13
- UNHCR - Global Trends 2025 · 2026-06-11
- Associated Press - Nearly 118 million people were displaced by conflict and persecution last year, UN says · 2026-06-11
- European Commission - Pact on Migration and Asylum · 2026-06-12
- Internal Displacement Monitoring Centre - 2026 Global Report on Internal Displacement · 2026-05-12
- Le Monde - Belgium's migration minister advocates for the strictest policy ever implemented · 2025-07-12
- Associated Press - What to know about the EU's updated rules for migration and asylum · 2026-06-12
