US judge lets prosecutors use Meng Wanzhou admissions at Huawei trial
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International
VEILLE JURIDIQUE

Une juge américaine autorise les procureurs à utiliser les aveux de Meng Wanzhou lors du procès de Huawei

Une juge de district américaine a statué que les procureurs peuvent utiliser les aveux formulés par Meng Wanzhou en 2021 dans l’affaire pénale visant Huawei, renforçant l’enjeu probatoire dans une poursuite de longue date portant sur des allégations de fraude bancaire, de violations de sanctions, de racket et de vol de secrets commerciaux. Le département américain de la Justice a déclaré en 2021 que Meng, directrice financière de Huawei, avait accepté une déclaration de faits dans le cadre d’un accord de poursuites différées concernant des déclarations faites à une institution financière mondiale au sujet d’activités liées à Huawei en Iran ; les charges contre Meng ont ensuite été abandonnées, mais l’affaire visant l’entreprise s’est poursuivie. Huawei nie tout acte répréhensible et a soutenu devant la justice que les demandes américaines sont trop larges et abusivement extraterritoriales. Pour l’Europe, cette décision s’inscrit dans un débat plus large sur la présence des fournisseurs technologiques chinois dans les réseaux critiques, un enjeu que la Commission européenne a lié à la sécurité de la 5G et aux fournisseurs à haut risque.

Belgium Impulse Editorial·17 June 2026·3 min read·7 sources
Key signal

Il s’agit principalement d’une affaire américaine portant sur une entreprise chinoise et sur des sanctions, mais elle compte pour les opérateurs télécoms belges, les responsables de la cybersécurité, les PME utilisant des équipements de réseau chinois et les lecteurs qui suivent la souveraineté technologique de l’UE. La Commission européenne a déjà déclaré que les pays de l’UE sont fondés à restreindre Huawei et ZTE dans les réseaux 5G, de sorte que toute conclusion d’un tribunal américain renforçant ou affaiblissant le dossier factuel autour de Huawei alimentera le débat à Bruxelles sur les infrastructures critiques, le risque fournisseur et les relations avec Pékin.

Meng Wanzhou (directrice financière de Huawei, née en 1972, fille du fondateur Ren Zhengfei) est devenue le visage public de l’affaire après son arrestation au Canada en 2018. Huawei Technologies Co. Ltd. (groupe chinois de télécommunications et de technologies basé à Shenzhen et fondé en 1987) est l’entreprise mise en cause. Skycom Tech Co. Ltd. (société hongkongaise active en Iran, décrite par les procureurs américains comme contrôlée par Huawei) se trouve au centre des allégations liées à l’Iran. HSBC (banque mondiale dont le siège est à Londres et Hong Kong) est l’institution financière que les procureurs disent avoir été induite en erreur. La juge de district américaine Ann Donnelly (juge fédérale dans le district est de New York) supervise l’affaire pénale de Brooklyn. Le département américain de la Justice (département fédéral chargé de l’application de la loi) a engagé les poursuites. L’EU 5G Toolbox (cadre européen de cybersécurité adopté en 2020) guide les États membres sur les fournisseurs télécoms à haut risque.

Background

Le département américain de la Justice a inculpé Huawei et Meng en janvier 2019 pour des allégations de fraude bancaire et de fraude électronique liées aux sanctions contre l’Iran. En février 2020, le département de la Justice a ajouté des accusations de racket et de vol de secrets commerciaux contre Huawei et ses filiales. Meng a conclu un accord de poursuites différées le 24 septembre 2021, et le département de la Justice a demandé l’abandon des charges la visant après la fin de la période de différé, en décembre 2022. En juillet 2025, la juge de district américaine Ann Donnelly a rejeté la demande de Huawei visant à faire annuler l’acte d’accusation plus large, permettant à l’affaire visant l’entreprise d’avancer vers un procès.

OIS Intelligence

Opposing perspectives

  1. Procureurs américains

    La déclaration de 2021 du département américain de la Justice présente les aveux de Meng comme une preuve que de hauts responsables de Huawei ont donné une image trompeuse des activités de l’entreprise liées à l’Iran afin de préserver son accès aux services bancaires. Dans cette perspective, l’admission de la déclaration de faits au procès contribue à montrer une connaissance au niveau de l’entreprise et un schéma de tromperie plutôt qu’un épisode isolé impliquant une dirigeante.

  2. Huawei Technologies

    La position de Huawei devant la justice, telle qu’elle ressort de ses précédents arguments en faveur d’un rejet, est que l’affaire américaine va trop loin : l’entreprise a nié les allégations et soutenu que certaines parties de l’acte d’accusation sont vagues, prématurées ou abusivement extraterritoriales. La version la plus forte de cette position est qu’un différend géopolitique est transformé en affaire pénale.

  3. Responsables de la sécurité à la Commission européenne

    Les documents de la Commission européenne sur la sécurité de la 5G traitent la confiance dans les fournisseurs comme une question systémique d’infrastructure, et pas seulement comme une question de droit pénal. Selon cette approche, l’affaire Huawei constitue un élément supplémentaire pour évaluer les fournisseurs à haut risque, mais les décisions de l’UE devraient toujours reposer sur des règles de cybersécurité proportionnées et sur leur mise en œuvre par les États membres.