Image illustrating: Flemish social housing apartment blocks with a VDAB office or Flemish Government (editorial)
Photo by Elien on Pexels
Flanders
Logement flamand

Qu’est-ce qui change pour les locataires sociaux flamands qui refusent un parcours d’accompagnement vers l’emploi du VDAB ?

Le gouvernement flamand durcit les règles applicables aux locataires sociaux à partir de 2028 en liant plus explicitement le loyer à la participation à un parcours VDAB approprié pour les locataires considérés comme ayant un potentiel sur le marché du travail. La mesure signifie qu’un locataire qui refuse de manière persistante un trajet proposé vers l’emploi pourrait, après des procédures et des garanties, payer un loyer social plus élevé. Cette politique s’inscrit dans le programme de logement 2024-2029 du gouvernement Diependaele et relève d’une décision régionale : le logement social, l’accompagnement par le VDAB et une grande partie de la politique d’activation sont des compétences flamandes, tandis que les allocations de chômage restent fédérales. Pour les locataires, le point pratique est que la règle ne vise pas toutes les personnes vivant dans un logement social. Elle concerne les locataires sans emploi dont le potentiel de travail a été évalué, qui reçoivent une offre VDAB adaptée et qui refusent à plusieurs reprises après des étapes de contrôle. Les sociétés de logement conserveraient une marge pour déroger à l’augmentation du loyer dans des cas justifiés.

Belgium Impulse Editorial·25 June 2026·3 min read·4 sources
Key signal

Pour les personnes qui vivent dans un logement social en Flandre ou qui en font la demande, il s’agit d’un changement concret dans le contrat de location : le loyer subsidié sera lié plus directement aux obligations d’activation. Un locataire médicalement inapte au travail, pensionné, dispensé ou qui n’est pas évalué comme ayant un potentiel sur le marché du travail n’est pas la cible principale. Un locataire capable de travailler, à qui un parcours VDAB adapté est proposé et qui le refuse à plusieurs reprises pourrait être confronté à un loyer plus élevé. Pour les expatriés et le personnel de l’UE qui tentent de comprendre l’État belge à plusieurs niveaux, la mesure constitue aussi un exemple utile du fonctionnement de la politique sociale régionale : la Flandre contrôle les règles du logement social et l’accompagnement du VDAB, mais pas le système fédéral d’allocations de chômage.

Le véritable sujet est la politique flamande du logement social, et non une réforme fédérale de l’aide sociale. Le gouvernement flamand dirigé par le ministre-président Matthias Diependaele met en œuvre une ligne de politique du logement d’abord exposée dans la note de politique flamande du logement 2024-2029. Le dossier est désormais porté politiquement par Hans Bonte, vice-ministre-président du gouvernement flamand et ministre flamand du Logement, de l’Énergie et du Climat, du Tourisme et de la Jeunesse, qui a temporairement remplacé Melissa Depraetere pendant son congé de maternité. Le volet emploi implique le VDAB, le service public flamand de l’emploi, ainsi que Zuhal Demir, ministre flamande de l’Enseignement, de la Justice et du Travail. La note de politique indique que les locataires sociaux ayant un potentiel sur le marché du travail doivent déjà être inscrits auprès du VDAB, que cette obligation doit être étendue à certains candidats locataires, et que la volonté de travailler sera liée à une participation active à un parcours VDAB approprié. Le calendrier de 2028 rapporté suit la période de préparation de deux ans et la procédure de contrôle décrites dans la note de politique flamande.

Background

Le logement social flamand est progressivement passé d’un modèle principalement fondé sur les revenus et les besoins à un modèle qui inclut aussi des conditions liées au comportement et à l’intégration. Des réformes antérieures ont renforcé les règles d’ancrage local, les exigences linguistiques et les contrôles sur la propriété immobilière à l’étranger. Depuis 2023, les nouveaux locataires sociaux sont soumis à une exigence plus élevée en néerlandais que les locataires plus anciens. Le cycle politique 2024-2029 ajoute la participation au marché du travail à cette trajectoire. Le schéma plus large est institutionnel : la Flandre utilise ensemble les leviers du logement, de l’intégration et de l’emploi, tout en opérant dans les limites constitutionnelles belges et les règles de l’UE en matière de protection des données.

OIS Intelligence

Impact

Regional — La mesure s’applique à la Flandre et aux sociétés flamandes de logement social. Bruxelles et la Wallonie disposent de systèmes distincts de logement social et ne sont pas automatiquement couvertes par la règle flamande.

Opposing perspectives

  1. Gouvernement flamand : activation et équité

    La coalition N-VA, Vooruit et CD&V présente la règle comme une mesure d’activation plutôt que comme une sanction générale. La note de politique indique que le VDAB peut cartographier la distance par rapport au marché du travail et fournir un accompagnement sur mesure, tandis qu’une augmentation du loyer ne serait utilisée qu’après des refus répétés et des procédures de contrôle. Le cadre défendu par le gouvernement est que le soutien au logement social ne devrait pas aggraver un piège à l’inactivité lorsqu’un chemin approprié vers l’emploi existe.

  2. Organisations de locataires et de lutte contre la pauvreté : risque pour l’accessibilité financière

    Les syndicats de locataires et les organisations de lutte contre la pauvreté sont susceptibles d’évaluer la mesure à l’aune de son effet sur la sécurité du logement. Leur préoccupation centrale est qu’un loyer plus élevé puisse punir des personnes dont l’éloignement de l’emploi est façonné par la santé, les responsabilités de soins, les barrières linguistiques, l’endettement ou des circonstances familiales instables. Pour ce public, la garantie essentielle est de savoir si les sociétés de logement utiliseront réellement la possibilité d’accorder des exceptions motivées.

  3. Opposition de gauche au Parlement flamand : l’offre avant les sanctions

    Groen et le PVDA devraient mettre l’accent sur la pénurie de logements sociaux, les listes d’attente et l’accessibilité financière plutôt que sur la discipline des locataires. Leur cadrage probable est que la Flandre devrait d’abord étendre et rénover le parc de logements sociaux et prévenir les expulsions, avant d’ajouter une pression financière sur des locataires vivant déjà avec de faibles revenus.

  4. Opposition de droite au Parlement flamand : conditionnalité plus stricte

    Vlaams Belang est susceptible de considérer la mesure comme faisant partie d’un débat plus large sur les conditions d’accès, la priorité locale et la réciprocité dans le logement social. Dans cette perspective, la question sera de savoir si la règle du gouvernement flamand est suffisamment stricte et applicable, plutôt que de savoir si l’activation a sa place dans la politique du logement.