Image illustrating: Teachers, pupils and parents demonstrating near the Pont des Trous in Tournai (editorial)
Trougnouf (Benoit Brummer) / Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0
Wallonia
Écoles de Tournai

Pourquoi des centaines d’enseignants, d’élèves et de parents ont-ils manifesté au Pont des Trous à Tournai ?

Des centaines d’enseignants, d’élèves et de parents se sont rassemblés au pied du Pont des Trous à Tournai le 4 juin pour protester contre des changements dans l’enseignement touchant les écoles secondaires francophones, selon La DH. Cette action dépasse le cadre d’une seule ville du Hainaut, car elle intervient juste avant que la Fédération Wallonie-Bruxelles n’entame une phase majeure de son Pacte pour un Enseignement d’excellence : le déploiement progressif du tronc commun dans l’enseignement secondaire à partir de l’année scolaire 2026. Pour les familles basées en Belgique, y compris les expatriés et le personnel de l’UE vivant en Wallonie ou à Bruxelles, il ne s’agit pas d’un conflit scolaire abstrait. Cela concerne les horaires, les cours techniques, les attributions des enseignants, le soutien aux élèves et la future forme de l’enseignement qualifiant. L’UE n’est pas le décideur ici : l’enseignement est une compétence des communautés belges et, pour les écoles francophones, l’autorité compétente est la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais la logique politique est liée à une question européenne plus large : comment les écoles préparent les élèves aux pénuries de compétences sans réduire le choix éducatif local.

Belgium Impulse Editorial·14 June 2026·3 min read·4 sources
Key signal

Pour les familles, la question pratique est de savoir ce qui sera réellement proposé aux élèves à partir de la prochaine année scolaire : quelles options techniques ou qualifiantes subsistent, comment les heures de soutien sont organisées, si un enfant devra se déplacer plus loin pour suivre une filière choisie et si les enseignants perdront des heures ou devront se reconvertir. Pour les enseignants, les documents officiels de réforme reconnaissent des changements importants, notamment la disparition de cours techniques distincts dans les premières années de l’enseignement secondaire et l’arrivée d’une formation manuelle, technique, technologique et numérique. C’est pourquoi une manifestation à Tournai a une portée régionale : elle constitue un test local visible de la manière dont une réforme systémique est ressentie comme gérable ou non au sein des écoles.

Le véritable sujet est une manifestation locale à Tournai, dans le Hainaut, contre les réformes de l’enseignement francophone au moment où elles atteignent les écoles secondaires. Les parties prenantes nommées sont les enseignants, élèves et parents de Tournai ; le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ; la ministre de l’Éducation Valérie Glatigny ; les pouvoirs organisateurs ; et les acteurs du marché du travail comme Forem, Actiris et les Bassins Enseignement-Formation-Emploi, auxquels la réforme donne un rôle accru dans l’adéquation des options qualifiantes aux besoins de l’emploi.

Background

L’enseignement belge est façonné par le contrôle communautaire depuis la réforme de l’État de 1989, qui a transféré l’enseignement aux communautés linguistiques. En Belgique francophone, le Pacte pour un Enseignement d’excellence constitue le cadre de réforme de long terme depuis 2017. Son objectif déclaré est une amélioration systémique de la maternelle à la fin du secondaire, mais sa mise en œuvre se heurte régulièrement aux réalités locales : réseaux scolaires, statuts des enseignants, options spécialisées, distances de transport et attachement marqué des familles aux écoles de proximité.

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Impact

Regional — L’impact immédiat se situe à Tournai et dans les écoles environnantes du Hainaut, où les familles cherchent de la clarté avant l’année scolaire 2026-2027. Le choix du Pont des Trous a donné à la manifestation une forte visibilité locale : il s’agit de l’un des monuments les plus connus de Tournai, transformant un conflit scolaire en signal civique.

Opposing perspectives

  1. Enseignants, élèves et parents de Tournai

    Leur point de vue est local et pratique : les familles et le personnel scolaire veulent savoir si les réformes réduiront les filières techniques, perturberont les horaires, affaibliront l’offre de proximité ou contraindront les enseignants à des réaffectations incertaines. Dans cette lecture, l’enjeu n’est pas une résistance abstraite à la modernisation ; il s’agit de savoir si une réforme planifiée au niveau central protège les élèves réels et les classes réelles à Tournai.

  2. Autorités de réforme de la Fédération Wallonie-Bruxelles

    Le cadrage officiel est celui d’une amélioration systémique. Le Pacte indique que la réforme vise à renforcer la qualité pour tous les élèves et décrit le nouveau tronc commun du secondaire comme un parcours commun modernisé. Pour l’enseignement qualifiant, la logique du côté du gouvernement est de rendre les options plus cohérentes et mieux reliées à l’emploi, en particulier là où la Belgique fait face à des pénuries de compétences.

  3. Acteurs du marché du travail et des compétences

    Forem, Actiris et les Bassins Enseignement-Formation-Emploi entrent en jeu parce que la réforme donne davantage de poids aux acteurs socio-économiques dans la planification des options qualifiantes. Leur perspective diffère d’une approche purement scolaire : ils examinent si les formations mènent à l’emploi et si des ressources publiques limitées soutiennent des options liées à la demande actuelle et future de main-d’œuvre.